VILLEGLÉ est né Jacques Mahé de La Villeglé à Quimper (Finistère, France) le 27 mars 1926. Il est le sixième enfant d’une famille de neuf appartenant à l’ancienne bourgeoisie par son père, Yves, et à la noblesse normande par sa mère née Élisabeth Gaultier de Carville. Son père exerçait les fonctions de caissier à la Banque de France.

Yves est muté à Vannes (Morbihan) en 1934. Jacques entre alors au collège Saint-François-Xavier tenu par les jésuites. La famille reste dans cette ville jusqu’à la retraite d’Yves en 1945, elle s’installe alors à Saint-Servan-sur-Mer (Ille-et-Vilaine).

Durant la guerre, les parents de Jacques, participent à la Résistance. Ils sont médaillés de la Résistance. Lui-même a une petite activité d’agent de liaison.

En juin 1943, Villeglé découvre l’Anthologie de la peinture de 1906 à nos jours de Maurice Raynal (1927, Paris, éd. Montaigne). « Jusqu’à la fin de la guerre, ce volume reste sa principale information sur la peinture contemporaine. Parmi les œuvres reproduites, en noir et blanc, une œuvre de Miró le déroute principalement par l’indétermination d’une cotonneuse tache centrale, et par la désinvolture du graphisme ».

Villeglé travaille alors, à Vannes, chez un architecte. « À travers une monographie et une biographie de Le Corbusier, il prend conscience de l’évolution que connaît l’urbanisme ».

1944-1946

En février 1944, Villeglé fait un court séjour dans le Paris occupé. Il est déçu par les tableaux qu’il peut voir aux vitrines des galeries. À son retour, il lit Guignol’s band de L.-F. Céline, « cette lecture le change de la littérature à la Drieu La Rochelle qui fait florès ». En septembre, il s’inscrit à la section peinture de l’école des beaux-arts de Rennes.

Fin janvier 1945, il se lie avec le Briochin Raymond Hains qui vient de s’inscrire à la section sculpture… tandis que lui-même passe à l’atelier d’architecture.

Villeglé achète d’occasion le scénario de La Fin du Monde filmée par l’Ange N.-D. de Blaise Cendrars (1919) illustré par Fernand Léger. Cela éveille chez lui un grand intérêt pour la typographie.

Avec Les Étapes de la peinture française contemporaine depuis le cubisme – 1911-1944, de Bernard Dorival, il prend connaissance, malgré les réticences de l’auteur, de l’automatisme psychique surréaliste.

1947

Après avoir travaillé quatre mois chez un architecte de Saint-Malo, Villeglé s’inscrit en janvier à l’École des beaux-arts de Nantes (section architecture). Il y est admis en avril.

Durant les vacances, à Saint-Malo où vivent ses parents, il commence une collecte d’objets trouvés : échantillons de catalogues, fils d’acier, déchets du Mur de l’Atlantique, qui, sans la moindre intervention d’un artiste, constituent à ses yeux des peintures ou des sculptures. Mais il considère que seul un couple de fils d’acier est une œuvre.

À Paris, en décembre, pour connaître les artistes et le milieu de l’art, il visite systématiquement, avec Raymond Hains, l’ensemble des galeries parisiennes. En fin de parcours, ils font connaissance et se lient d’amitié avec Colette Allendy (1895-1962), qui dirige une galerie au 67, rue de l’Assomption à Auteuil. Raymond Hains expose des photos hypnagogiques au premier étage de la galerie quelques temps après.

1948-1949

Villeglé fait de nombreux allers-retours entre Nantes et Paris. En septembre, il fait la connaissance, au Dôme, du peintre et poète nantais Camille Bryen (1907-1977) originaire du Finistère, puis, avec lui, fréquente Wols rencontré la même année au café La Pergola.

En février 1949, il arrache avec Hains Ach Alma Manetro, première affiche lacérée commune.

En décembre il quitte définitivement Nantes pour s’installer à Paris. « Intentionnellement — l’intention désignant au sens le plus husserlien du terme la vision — il décide de limiter sa démarche appropriative aux seules affiches lacérées ».

1950-1954

En février 1950, Villeglé s’installe amicalement chez Raymond Hains, 26 rue Delambre dans le 14ème arrondissement de Paris. Pendant cette période, ils fréquentent les salles de conférences, de cinéma expérimental…

Villeglé participe à la mise au point des lettres éclatées que Hains photographiait depuis 1947 au travers d’une trame de verre cannelé, et à divers films dont Pénélope et Loi du 29 juillet 1881.

Sur les déchets des pellicules surexposées, avec de l’encre de Chine grasse, qui craquelle en séchant, Villeglé, suivant son habitude ad-hociste, fait des graffiti. Ce qui en a subsisté sera acquis et diffusé par le Centre Georges Pompidou sous le titre Paris – Saint-Brieuc (1950-1952).

Le 1er mai 1952 Hepérile (1950, PAB, Alès), poème phonétique de Camille Bryen, est choisi pour officialiser l’éclatement de l’écriture. Hepérile éclaté (Paris, Éditions Lutétia), petit livre voué à une faune d’ultra-lettres bayadères, ondines cannelées de la nouvelle mythologie, sort le 19 juin 1953 à la galerie Colette Allendy.

A partir de décembre, Hains et Villeglé fréquentent Chez Moineau, café miteux, refuge de la bohème, 22 rue du Four, les Lettristes dissidents, Guy-Ernest Debord (1931-1994) et Gil J Wolman (1929-1995) qui viennent de fonder leur première internationale, prémices du Situationnisme.

En février 1954, ils font la connaissance de François Dufrêne (1930-1982), dont ils suivaient depuis six ans les publications et les récitals lettristes. Celui-ci les présente à Yves Klein, dit le Monochrome (1928-1962), de retour du Japon.

En juillet, Villeglé met fin à sa collaboration plastique avec Raymond Hains mais demeure proche de lui.

1955-1956

En 1955, Jacques Villeglé s’installe chez Marie-Françoise de Faultrier, ils se marient le 7 janvier 1956à la mairie du 15e arrondissement. Ils auront trois filles Valérie, Fabienne et Adeline.

Le 12 mars 1956, devant subvenir aux besoins de sa famille, Villeglé commence à travailler au ministère des Travaux publics, des Transports et du Tourisme. Jusqu’à sa retraite, en 1986, il travaillera dans diverses administrations.

1957-1958

Le 24 mai 1957, Yves Klein ayant raccourci de huit jours sa propre exposition, ouvre chez Colette Allendy la première rétrospective des affiches lacérées Hains, Villeglé, loi du 29 juillet 1881 ou « Le Lyrisme à la sauvette ». L’exposition est préfacée par Jean-Philippe Talbo De la lacération considérée… Trois critiques la commentent : Edmond Humeau, « Le lyrisme des murs », Combat et Michel Courtois, Arts, le 5 juin 1957 et Pierre Restany, Cimaise, octobre 1957. L’exposition prévue jusqu’au 1er juin est prolongée au premier étage de la galerie.

Conscient que la critique, tout comme le public, n’a pas saisi qu’il existait un nouveau comportement pictural à exposer des affiches lacérées telles qu’elles sont arrachées du mur ou de la palissade, Villeglé rédige une mise au point sur la lacération manifestation spontanée, qu’il fait paraître en mai 1958 dans la revue grâmmeS, Revue du Groupe ultra-lettriste, n° 2[c1] , sous le titre « Des réalités collectives ».

Pendant cette période, Villeglé fait connaissance d’artistes qui seront liés au mouvement des Nouveaux Réalistes, Tinguely, César…

1959

En février,François Dufrêne vend quatre petites affiches lacérées de Villeglé à Hilda Dreiding-Guggenheim et en achète lui-même quatre. Dans la foulée, il invite Villeglé à présenter ses œuvres dans l’atelier de son père, rue Vercingétorix. La manifestation est dénommée Lacéré Anonyme. « Lacéré Anonyme personnifie l’ensemble des lacérateurs inconnus ».

Du 2 au 25 octobre, des affiches lacérées, un monochrome bleu, une machine à peindre, disséminés à l’intérieur et à l’extérieur du musée d’Art moderne de la Ville de Paris, créent les trois lieux événementiels de la première Biennale des jeunes. Les critiques sont élogieuses.

En décembre, Jacques Villeglé et sa famille emménagent 40 rue de Turbigo dans le 3ème arrondissement.

1960-1964

Pour répondre aux nouvelles tendances révélées par la première Biennale de Paris, Dufrêne est chargé, en février 1960, d’une salle au salon Comparaisons (12 mars – 3 avril). « Il y présente un ramasseur de chiffons d’usines, des assemblagistes, des expérimentaux travaillant l’espace ou le mouvement ».

En avril, Pierre Restany, jeune critique de 29 ans, rédige le premier manifeste du Nouveau Réalisme, qui sanctionne l’état de fait qu’il avait ressenti lors de la Biennale. Ce manifeste préface l’exposition qu’il organise en mai à la galerie Apollinaire (Milan). Il y présente Arman, Raymond Hains, François Dufrêne, Yves Klein, Jean Tinguely et Jacques Villeglé.

Six mois plus tard, le 27 octobre, au domicile d’Yves Klein, 14 rue Campagne-Première, a lieu la signature de la déclaration constitutive du groupe des Nouveaux Réalistes. Sont également conviés César, Martial Raysse, Daniel Spoerri et Mimmo Rotella. César et Rotella sont absents mais participent aux expositions suivantes du groupe.

En 1961, Villeglé prend le relais de Dufrêne au salon Comparaisons ; il gardera la responsabilité d’une salle jusqu’en 1968. Outre les Nouveaux Réalistes (1961 et 1962), il y invitera de jeunes Pop américains et européens, des représentants parisiens de l’Arte povera, de l’École de Nice, des Lettristes, le Mec art, Poulet 20 NF, les Objecteurs. « En 1967, las de la mentalité traditionnelle des salons, il propose avec Jean-Louis Brau (1930-1985), pour celui d’avril 68, une salle Hippie dans laquelle ne serait exposée aucune œuvre plastique. Pendant que les participants y feraient leurs actions, quelques projections de diapos rappelleraient la destination picturale du lieu. »

Le 14 février, Shunk-Kender (Harry Shunk, 1924-2006 et János Kender, 1937-2009) réalisent une série de portraits photographiques de Villeglé arrachant et transportant des affiches.

Niki de Saint Phalle est introduite dans le groupe des Nouveaux Réalistes.

Le 17 mai, ouvre la galerie J rue Montfaucon, premier contrat.

Du 29 septembre au 5 novembre, a lieu la 2ème Biennale des jeunes de Paris. Villeglé y expose entre autres Carrefour Sèvres-Montparnasse, juillet 1961, 319 x 810 cm, affiche qu’il a transportée du lieu du ramassage au musée et restaurée sur place. Lorsqu’il se remémore sa visite inaugurale, Malraux oublie Klein, il mentionne avec la machine baladeuse et menaçante de Tinguely (1925-1991), les « affiches lacérées, les plus insidieux des ready-made ». Le genre haffreux semble lui dire Picasso à qui il relate le vernissage (La Tête d’obsidienne, Gallimard, 1974, p. 141).

6 juin 1962, décès d’Yves Klein.

« Entre 1961 et 1963, malgré leur détermination et leur prise de position commune en faveur d’une primauté du « ravir » sur le « faire », ceux qui furent différenciés des autres Nouveaux Réalistes par l’appellation « Affichistes » (Dufrêne, Hains, Rotella, Villeglé) sont paradoxalement invités aux expositions The Art of Assemblage, à New York, Dallas et San Francisco, puis à 50 ans de collages à Saint-Étienne et Paris en 1964. »

Le 8 février 1963 a lieu l’inauguration du second Festival du Nouveau Réalisme à Munich. Christo se joint au groupe. Restany constate la fin de l’aventure. Cependant, l’amitié restera entre la plupart des membres.

Le 9 octobre, la Galerie J (Paris) inaugure une exposition personnelle de Villeglé ; le 9 décembre 1964, c’est au tour de la Galerie Ad Libitum (Anvers). Le Pr. Paul Wember, directeur du Kaiser Wilhelm Museum (Krefeld), acquiert une affiche auprès de la galerie anversoise (Carrefour Auguste Delaune, Brigitte Bardot, septembre 1963, 156 x 127 cm), c’est le premier achat institutionnel.

Pendant cette même période, les quatre « ravisseurs d’affiches lacérées » exposent chez Arturo Schwarz à Milan et à la Gres Gallery à Chicago.

Entre mai et octobre 1965, Villeglé collecte 18 affiches reproduisant une peinture de Georges Mathieu. Il les réunira sous le titre « De Mathieu à Mahé » (Mahé étant l’équivalent breton de Mathieu) et les exposera en 1967 à la galerie Jacqueline Ranson. Un livret de 8 pages est édité pour l’inauguration, il comprend un texte de l’artiste.

En août, Villeglé commence la rédaction de Lacéré Anonyme ou Urbi & Orbi.

Pendant toute cette période, les expositions du Nouveau Réalisme ou du Pop art, premiers bilans de l’activité des années 60, puis celles du « Décollage »ou »Decollagen » se succèdent à La Haye, Vienne, Berlin, Krefeld, Anvers, Milan…

1965-1969

À partir de 1965, à la recherche d’informations sur le dadaïste Johannes Baader (1875-1955), Villeglé fréquente les bibliothèques et rencontre des personnes qui l’ont connu ou peuvent le renseigner sur Dada Berlin.

En janvier 1969, Villeglé publie dans la revue Leonardo « L’affiche lacérée : ses successives immixtions dans les arts », résumé de l’ensemble de ses écrits. À partir de cette date et avant l’édition en juillet 1977, par le Musée national d’art moderne, de la première version de Lacéré Anonyme, ou Urbi & Orbi, Villeglé publiera régulièrement des extraits de ses textes (à l’automne 1970 dans la revue VH 101, n° 3, sous le titre « Le flâneur aux palissades de la manifestation spontanée », puis à partir de 1974 dans Apeiros, A-Beta et dans une collection du Daily-Bul, les Poquettes volantes).

Le 28 février 1969, Nixon rend visite à de Gaulle. « Villeglé remarque, sur un mur d’un couloir du métro République, les trois flèches de l’ancien parti socialiste, la croix de Lorraine, la croix gammée, la croix celtique inscrite dans le cercle du mouvement Jeune Nation, puis à nouveau les trois flèches pavloviennes de S. Tchakhotine qui indiquent graphiquement, sans autre commentaire, le nom du président américain ». Il constate que l’impact de ces idéogrammes politiques ainsi assemblés prime sur tous les autres slogans anti-yankees de l’heure. Il décide de composer un nouvel alphabet qu’il étoffera par de nouvelles trouvailles tout au long de sa vie.

Du 6 au 7 mai, le premier graphisme socio-politique est exposé au théâtre du Vieux Colombier lors de la manifestation Liberté de parole organisée par Jean-Jacques Lebel. Il sera édité en 1973 par des éditeurs milanais.

Au printemps 1969, Villeglé rencontre plusieurs personnes ayant connu Baader et/ou Raoul Hausmann : César Domela le 22 avril, Raoul Hausmann lui-même à Limoges le 17 mai, Herta Wesher le 29 mai, Yves Poupard-Lieussou le 7 juin, Jefim Golyscheff et sa femme Antonie Brede, le 16 juin.

1970

En octobre-novembre, le dixième anniversaire du Nouveau Réalisme est fêté à la galerie Mathias Fels (Paris) et à la Rotonda della Besana (Milan).

Première acquisition officielle en France, par le Fonds national d’art contemporain, d’une affiche villegléenne (A.B.C., 4 mars 1959, 150 x 186 cm).

1971

Camille Bryen meurt le 8 mai.

Premières expositions muséales rétrospectives ou consacrées aux seules affiches lacérées.

Le 5 juin 1971, ouvre à la Staatgalerie de Stuttgart, l’exposition Plakatabriße aus der Sammlung Cremer. Dans le catalogue, Villeglé fait part de la préparation du catalogue raisonné de ses œuvres. Il indique une première répartition thématique. L’ouvrage est préfacé par le futur directeur du musée de Mönchengladbach, Dr. Johannes Cladders. Lors de l’inauguration du musée, en 1981, il réservera une salle aux œuvres des trois Affichistes parisiens. Jusqu’en 1974, cette exposition tournera en Allemagne (Pfozheim, Heidelberg, Francfort, Tübingen, Münster, Hambourg).

Le 15 octobre 1971, rétrospective de l’œuvre de Villeglé au Moderna Museet (Stockholm). Elle voyage au Museum Haus Lange (Krefeld), vernissage le 22 octobre 1972.

Des expositions personnelles de Villeglé ont lieu à Cologne, le 14 mars chez Michael Werner et le 3 décembre à la Galerie der Spiegel.

Villeglé achète deux pièces rue au Maire pour y installer son atelier. L’immeuble est en piteux état, il risque la démolition. Villeglé se bat jusqu’en 1975 pour faire nommer un nouveau syndic et lancer la rénovation. Jusqu’en 2000, il achètera plusieurs lots dans l’immeuble.

Deux premières estampes sont éditées par Nadine Bresson & Nicole Fauche. Villeglé en réalisera environ 300 au cours de sa carrière.

Il fait de nombreux voyages notamment en Allemagne, en Belgique, en Suède et au Danemark.

1974-1975

Roberto Altman, directeur du Centrum für Kunst de Vaduz organise une exposition personnelle de Villeglé pour l’inauguration du lieu le 10 août.

En fin d’année, Villeglé entreprend un film d’animation et de dessins animés Un mythe dans la ville (29′, couleurs, 16 mm) accompagné d’une bande-son de Bernard Heidsieck Couper n’est pas jouer, 1969. Avec leurs autorisations, il utilisera une affiche d’exposition de Jean Dubuffet et un « livre-impubliable »de Denise A Aubertin. Le film sera achevé en 2002 grâce à Jean-Michel Bouhours qui dirige le service cinéma du Centre Pompidou.

Entre février et avril 1975, Villeglé arrache un ensemble important d’affiches lacérées sur lesquelles on retrouve une affiche d’exposition de Jean Dubuffet au Centre national d’art contemporain (CNAC) Paysages castillans. Sites tricolores. Il dénommera cette série Le Retour de l’Hourloupe.

1976-1980

En mai 1976 il ramasse, près d’un kiosque à journaux, un premier panneau de bois recouvert de publicités de revues Le Décollage économique, mai 1976, 60,5 x 59,5 cm. Une cinquantaine suivront. L’ensemble est intitulé « placards de journaux ».

Du 1er juin au 19 septembre 1977, le Centre Georges Pompidou présente l’exposition Paris-New York. Conjointement il publie Le Lacéré Anonyme que Villeglé signe le 13 juillet.

Le 16 novembre ouvre à Naples, à la galerie Il Centro, une exposition réunissant les Affichistes français, italien et allemand Il muro, dentro.

Cette année-là, il est affecté au Bureau des affaires domaniales et de l’entretien des bâtiments de la Ville de Paris, boulevard Morland.

Le 5 avril 1978, à l’invitation de Françoise Daniel, Villeglé inaugure sa première rétrospective en France au musée des Jacobins à Morlaix. Il inclut un graphisme socio-politique dans l’accrochage. À partir de là les graphismes sont régulièrement présentés dans des expositions muséales, notamment consacrées à la typographie : Typographies – Écritures, Maison de la Culture de Rennes (6 – 31 janvier) ou Lettres, Signes, Écritures, Konsthall, Malmö, (22 mars – 7 mai).

1981-1982

Le 13 janvier 1981, Antenne 2 diffuse Loi du 29 juillet 1881, Villeglé, une interview par Michel Lancelot (1938-1996) réalisée par Georges Paumier.

Villeglé participe aux expositions Dufrêne et Villeglé, affiches lacérées, Noroit, Arras, Bryen éclaté, Musée des beaux-arts de Nantes, Paris/Paris 1937-1957, Centre Georges Pompidou, West-Kunst 1939-1970, Cologne.

Pour la deuxième exposition du groupe des Affichistes à la galerie Mathias Fels et Cie en mars/avril, Villeglé rédige un texte intitulé Commémoration de la loi du 29 juillet 1881.

Le Frac Bretagne tout juste créé acquiert une œuvre Rue de l’Échaudé Saint-Germain, 1er janvier 1965, 130 x 162 cm.

En février-juin 1982, avec La Guérilla des écritures, Villeglé participe à une série d’interventions sur des emplacements réservés à Rennes et à Paris avec l’association Art prospect de Bretagne.

François Dufrêne meurt subitement le 12 décembre 1982.

1985

En avril, à Rennes, pour commémorer le centenaire des premiers écrits « ontogéniques » de Jarry et de la conception d’Ubu par un lycéen et célébrer le dixième anniversaire de la collecte du Retour de l’Hourloupe, deux expositions, l’une à la Maison de la Culture préfacée par Bernard Lamarche-Vadel (1949-2000), la seconde Les Affichistes selon Villeglé présentée par Béatrice Salmon à la galerie Art et Essai de l’Université de Villejean.

En juillet, Villeglé maroufle les deux grandes œuvres qui étaient présentées lors de la deuxième Biennale des jeunes de Paris (1961). Rue René Boulanger/Boulevard Saint-Martin, juin 1959, 293 x 430 cm, sera acquise par le musée d’Art moderne et d’Art contemporain de Nice en 1988. La seconde, Carrefour Sèvres-Montparnasse sera exposée à Paris, Mannheim et Winterthur, dans la rétrospective itinérante Les Nouveaux Réalistes, puis au Magasin à Grenoble (1988), à la Kunstmarkt de Cologne (1989), au MoMA New York dans l’exposition High and Low (1990), au Ludwig Museum, Cologne, dans l’exposition Pop art, et au Centro de Arte Reina Sofia, Madrid (1992), au Centre Georges Pompidou, les Années Pop (2001). Elle sera acquise par le Centre Pompidou en 2002.

Le 11 novembre, Philippe Piguet invite Jacques Villeglé à l’antenne de la radio libre « Ici et maintenant ». C’est le début d’une relation qui engendrera de nombreux entretiens, textes, expositions…

1986-1987

Jacques Villeglé prend sa retraite de la fonction publique et peut se consacrer entièrement à sa vie artistique.

Le 10 février 1986, François Poivret réalise une première série de portraits de Villeglé dans l’atelier de la rue au Maire. Jusqu’à la fin de 2021, il prendra plusieurs centaines de photos à Paris mais aussi en Bretagne, en Italie, aux États-Unis, en Turquie…

En mai ouvre 1960 Les Nouveaux Réalistes organisée par Sylvain Lecombre et Noëlle Réveillaud-Chabert au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. L’exposition voyage en Allemagne, à la Städtische Kunsthalle de Mannheim et en Suisse au Kunstmuseum de Winterthur.

En septembre, paraît Urbi & Orbi, reprise de Le Lacéré Anonyme, revu et développé, aux éditions W, Mâcon.

1988

Les éditions Marval publient le premier volume du Catalogue thématique des affiches lacérées de Villeglé, « La Peinture dans la non-peinture ». Il est préfacé par Claude Fournet et Françoise-Julie Piriou. Pour sa sortie, la galerie d’Art contemporain des musées de Nice organise une exposition d’œuvres de cette thématique.

Du 24 septembre au 27 novembre, Villeglé, invité par Jacques Guillot, présente au Magasin de Grenoble des affiches lacérées de très grand format, certaines, exposées non marouflées, fruits d’une collecte effectuée au printemps précédent.

Le MoMA de New York acquiert 122, rue du Temple, 24 juillet 1968, 160 x 210 cm, très régulièrement exposé depuis cette date.

1989

Création par Valérie Villeglé du secrétariat Jacques Villeglé chargé de l’informatisation de l’ensemble des archives et du catalogue raisonné.

Du 12 septembre au 17 octobre a lieu à New York, chez Virginia Zabriskie, la première exposition personnelle de Villeglé dans une galerie américaine. En février de l’année suivante, une œuvre de l’exposition est reproduite sur la couverture d’Art in America.

1990-1992

Les éditions Marval publient une monographie par Bernard Lamarche-Vadel, Villeglé, la Présentation en jugement, ainsi que trois volumes du catalogue thématique des affiches lacérées, les volumes III et IV (préfacés par Daniel Abadie, Michel Giroud et Jacques Villeglé) consacrés à « La Lettre lacérée » et le volume X (préfacé par Philippe Piguet) consacré aux « Transparences ».

Villeglé est invité par Thierry Prat et Thierry Raspail à la première Biennale de Lyon, L’Amour de l’art,qui se tient du 3 septembre au 13 octobre 1991 à la halle Tony Garnier.

Jean Tinguely meurt le 30 août 1991.

Grâce à l’initiative du personnel culturel de la Région Nord-Pas-de-Calais et à la ténacité créative de l’imprimeur d’estampes Alain Buyse, premières expositions des œuvres de la série Décentralisation. Alain Buyse édite dans la collection « EA », un petit livre éponyme rédigé entièrement en caractères socio-politiques.

1993-1996

Villeglé participe à la 2ème Biennale de Lyon, Et tous ils changent le monde, organisée par Thierry Raspail, Thierry Prat et Marc Dachy. Il consacre sa salle aux graphismes socio-politiques et peint pour l’occasion Élie Faure, une toile de 630 x 216 cm.

En mars 1994, l’Association française d’action artistique (AFAA) organise un ensemble d’expositions personnelles d’art contemporain français aux Pays-Bas. Villeglé est invité au Museum Paleis Lange Voorhout à La Haye. Il présente plusieurs graphismes sociopolitiques, Alfred Pacquement, délégué aux Arts plastiques, en fera entrer un dans les collections du Fonds national d’art contemporain en 1996, cette œuvre fait désormais partie des collections du Musée des beaux-arts de Nantes.

De mai 1994 à avril 1995, Gilles Mahé envoie à plus de 300 personnes une affichette jaune marquée PRIX CHOC, en leur demandant de la lacérer en 6 morceaux et d’envoyer le résultat au Secrétariat Villeglé. 238 personnes répondent. Villeglé adresse régulièrement à Gilles Mahé les comptes-rendus de l’ouverture des plis. Les envois, collés sur toile, sont exposés par Gilles Mahé à la Galerie Brownstone à Paris, à partir du 22 avril 1995.

Les éditions Jannink, Paris, publient Un homme sans métier, dans la collection « L’Art en écrit ».

Les 28 et 29 septembre, tournage, à l’initiative de la Délégation aux arts plastiques (DAP), dans le cadre des “Archives du XXe siècle”, d’un portrait, coproduit par Terra Luna, réalisé par Fabrice Maze, Philippe Piguet est le responsable de l’entretien.

En août 1996, par l’entremise de Chloé Ziegler, Alan Koppel organise la 1ère exposition personnelle de Jacques Villeglé dans sa galerie de Chicago.

1997-1998

Villeglé participe aux expositions des Nouveaux Réalistes de Paris (galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, sortie du livre de Catherine Francblin, Les Nouveaux Réalistes, Paris, éd. du Regard), Cologne (Museum Ludwig), Vence (Notre-Dame des Fleurs), Esslingen (Villa Merkel), Milan (Fonte d’Abisso Arte), Nice (MAMAC).

Il commence l’histoire des graphismes sur un carnet offert par Annette Ferrara, une jeune éditrice de Chicago. Le Quartier, centre d’art de Quimper, en éditera un fac-similé, en 2006, intitulé Le Carnet d’Annette.

César meurt le 6 décembre 1998. Les décès des amis et proches du Nouveau Réalisme se suivent : Niki de Saint Phalle le 21 mai 2002, Pierre Restany le 29 mai 2003, Arman et Raymond Hains les 22 et 28 octobre 2005, Mimmo Rotella le 8 janvier 2006.

1999-2000

Dominique Truco, responsable des arts plastiques au Confort moderne de Poitiers, invite Jacques Villeglé à présenter une large sélection des œuvres de sa dernière thématique « Atelier d’Aquitaine ». Cette série est principalement composée d’affiches de concerts de musiques amplifiées ramassées au sud de la Loire. L’exposition, Le Grand Mix, est sonorisée par Pierre Henry, son catalogue est préfacé par Dominique Truco, François Dagognet, Alain Jouffroy et Pierre Restany. Des films sont projetés, dont Alphabet socio-politique, réalisé par Stéphane Muñoz sur une musique des Fabulous Trobadors. Cette exposition sera reprise l’année suivante à la Cité de la musique avec une nouvelle composition de Pierre Henry.

Avec Martin Barré, Jean Degottex, Raymond Hains et Simon Hantaï, Villeglé participe à La Peinture après l’abstraction 1955-1975 au musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

La galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois inaugure une série d’expositions thématiques avec Mots 1949/1996, elle édite un catalogue préfacé par Catherine Millet. Pendant le vernissage, Villeglé signe Cheminements 1943-1959, les Sept collines/Jean-Pierre Huguet Éditeur, Saint-Julien-Molin-Molette.

2001

Le 25 janvier, le Frac Corse (Corte) inaugure une exposition d’œuvres collectées à Bastia le 21 janvier. Du 22 au 24, Villeglé cadre, restaure et installe les affiches. Il nomme l’exposition Décentralisation 3. Le jour du vernissage il donne avec Christophe Domino une conférence qui sera transcrite dans le catalogue. L’événement est filmé par FR3 Corse et projeté à la télévision pendant le séjour de Villeglé dans l’île. C’est sa première entorse à sa décision d’arrêter les récoltes d’affiches prise, pour diverses raisons, à la fin de l’année 2000. Il fera une nouvelle entorse en 2003, suite à une invitation en Argentine.

Odile Felgine, biographe de Roger Caillois et de Victoria Ocampo, lui consacre une monographie parue aux éditions Ides et Calendes, Neuchâtel, Suisse. La signature a lieu pendant le vernissage d’une exposition à la galerie Sonia Zannettacci, à Genève, le 6 novembre.

Catherine Francblin réalise un entretien avec Jacques Villeglé pour le catalogue de la deuxième exposition thématique à la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Images 1958/1991.

2003

Philippe Bata organise la première rétrospective des graphismes socio-politiques au musée Sainte-Croix à Poitiers, Alphabet socio-politique, qu’il préface avec Arnaud Labelle-Rojoux. À cette occasion, Villeglé fait réaliser une police à partir de son alphabet, elle sera utilisée dans un CD-Rom diffusé avec le catalogue.

Sortie du catalogue raisonné des affiches lacérées de Villeglé sur CD-Rom à l’occasion de la troisièmeexposition thématique Sans lettre ni figure 1951/1968 à la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois dont le catalogue est préfacé par Hans-Ulrich Obrist et Robert Fleck.

Jacques Villeglé est invité par le Gobierno de la Ciudad de Buenos Aires à intervenir au Centro cultural Recoleta, il reprend le processus inauguré à Corte. Philippe Piguet est chargé de la présentation.

La galerie Modernism de San Francisco, dirigée par Martin Muller, organise une première exposition personnelle, de nombreuses autres suivront. Modernism participera également à plusieurs publications importantes.

2004-2005

Les ateliers Pinton à Felletin, André Magnat et Patrick Guillot à Blessac réalisent deux tapisseries commandées par le Fonds national d’art contemporain et destinées aux musées de Cognac.

Parution du sixième volume du catalogue raisonné Sans lettre sans figure aux éditions Ides et Calendes, Neuchâtel.

Luna-Park, Paris et Modernism, San Francisco, publient une nouvelle édition des écrits de Villeglé, La Traversée Urbi & Orbi, Transédition, Paris.

Expositions personnelles à Orchies (maison de la Chicorée), à Genève (galerie Sonia Zannettacci), à L’Arsenal de Metz, à Paris (galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, quatrième exposition thématique, Politiques 1957/1991, préfacée par Nicolas Bourriaud)

2006

Élaboration d’une sculpture, Y€$, déclinée en plusieurs dimensions, en acier Corten et en inox poli miroir.

Pour les 80 ans de Jacques Villeglé, le Quartier à Quimper organise une rétrospective de ses œuvres. Pour annoncer l’exposition, la graphiste Véfa Lucas réalise une affiche avec un portrait de l’artiste par Didier Giquel décliné en plusieurs couleurs fluos. Les Quimpérois sont incités à les lacérer. À l’occasion d’une conférence donnée par Villeglé dans le cadre de l’exposition, l’équipe du Quartier récolte les affiches et les dispose dans la salle. Elle offre cette récolte à Villeglé qui en tirera la série « Opération quimpéroise ».

Villeglé réalise quatre tentures de 500 x 210 cm sur le thème du chemin de Compostelle pour les Nuits romanes de Poitiers, organisées par Dominique Truco. Cet ensemble sera acquis par la Ville de Poitiers en 2001.

Jacques Villeglé est invité par Jérôme Sans et Nicolas Bourriaud à la Nuit blanche. Il expose des œuvres de la série « Atelier d’Aquitaine » à la halle Pajol (anciens entrepôts de la SNCF). Pierre Henry crée une nouvelle composition.

2007

Parution de deux monographies, l’une éditée par la galerie Linda & Guy Pieters, avec une biographie par Odile Felgine et une préface d’Arnaud Labelle-Rojoux, l’autre éditée par Flammarion, coll. « La création contemporaine », préfacée par Kaira Cabañas, François Bon et Nicolas Bourriaud.

Exposition rétrospective des Nouveaux Réalistes au Grand Palais, Paris et au Sprengel Museum, Hanovre.

Dans son musée à Hanovre, la Fondation Ahlers pro Arte expose son importante collection d’œuvres de Villeglé. Elle soutient la publication de ses écrits en allemand, Urbi & Orbi, Zur Kunst des Plakatabrisses, Hambourg, Nautilus.

Le 26 juin, Villeglé expose une sculpture Y€$ de 150 x 300 cm place Saint-Sulpice, dans le cadrede l’exposition Les Artistes cassent la baraque organisée par l’association A3-Art fondée par Leïla Voight.

Création d’un bureau et d’une table basse réalisés par le verrier Gilles Chabrier et le designer René Bouchara.

Inauguration de l’Espace Jacques Villeglé à Saint-Gratien (Val d’Oise).

2008

Le Centre Georges Pompidou présente une rétrospective Jacques Villeglé – La comédie urbaine (commissaire Sophie Duplaix). Le catalogue contient des textes de Laurence Bertrand-Dorléac, Sophie Duplaix, Catherine Francblin, Roxane Jubert, Arnaud Labelle-Rojoux et Fanny Schulmann. Cette exposition connaît un beau succès critique et public.

Dans le cadre de l’exposition, l’Ircam et le Centre Pompidou commandent des créations à Pierre Henry (Un monde lacéré) et à David Coll (68). Les concerts ont lieu le 1er et le 2 octobre.

Sous la direction de Philippe Bata, le musée départemental d’Art ancien et contemporain d’Épinal lui consacre une rétrospective De la transgression à la collection 1947-2008. Philippe Bata, Christophe Domino, Odile Felgine, Gilbert Lascault, Anne-Lise Quesnel et Yves Sabourin interviennent dans le catalogue.

À cette occasion, le conseil général des Vosges passe commande à Villeglé d’un Mémorial sociopolitique en acier Corten de 15 x 2 m pour le jardin du musée.

Le M.U.R., association dédiée à la diffusion du Street Art, invite Villeglé à afficher une œuvre sur le panneau publicitaire (4 x 8 m) qui lui est dédié, rue Oberkampf, il réalise Les Choses singulières, qui sera dérobé 3 jours après son installation.

En novembre, Villeglé inaugure la galerie Agnellini à Brescia (Italie) avec une exposition rétrospective.

Parution d’une monographie par Gérard Durozoi publiée chez Hazan et de deux entretiens, l’un avec Marion Chanson, Thalia éditions, l’autre avec Didier Dauphin édité par Bookstorming.

2009-2011

En octobre 2009, Jacques Villeglé est l’invité d’honneur de la médiathèque du centre culturel Saint-Louis de France, à Rome, il crée une fresque sociopolitique pour son inauguration. Conjointement la galleria Mucciaccia lui consacre une rétrospective, le texte du catalogue est signé par Laurence Bertrand-Dorléac.

Dans le cadre de la Foire internationale d’art contemporain (FIAC) hors les murs, Villeglé installe un pochoir de 31 m de long dans le jardin des Tuileries sur les contreforts du Jeu de Paume. La production est assurée par la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois.

Marie-Françoise de La Villeglé décède le 7 mars 2010. Les deux époux vivaient séparément depuis septembre 1997.

En avril 2010, à l’initiative de Gildas Le Reste, un alphabet en bas-relief de 3,50 x 3,50 m est installé dans la cour de l’école d’arts plastiques de Châtellerault.

Cette année-là, Jacques Villeglé est présent dans l’exposition inaugurale du Centre Pompidou-Metz, Chefs-d’œuvre ?, et dans l’accrochage inaugural du LaM (Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut,) Villeneuve d’Ascq.

Sur une proposition du Musée d’art contemporain de Lyon, dirigé par Thierry Raspail, Villeglé réalise une sculpture en reprenant la structure d’un abribus, et en remplaçant les parties vitrées par des verres sur lesquels figure son alphabet socio-politique.

Au printemps 2011, dans son n° 6, la revue Lunapark publie un entretien de Villeglé avec Odile Felgine « Contribution à l’histoire des Nouveaux Réalistes », qui concerne principalement ses rapports avec Pierre Restany.

2012

L’Espace Jacques Villeglé de Saint-Gratien présente la première exposition de sculptures de Villeglé organisée par Carine Roma Clément. Le musée d’Art contemporain de Marseille lui consacre une rétrospective, sa commissaire est Marianne Le Métayer. La galerie Georges-Philippe. & Nathalie Vallois expose la documentation du film Pénélope à la Foire de Bâle et publie un livre avec un texte de Daniel Abadie L’Entomologiste et le Chasseur de papillons.

La galerie Modernism de San Francisco (Martin Muller Books) publie une large sélection de chapitres de la Traversée Urbi & Orbi en anglais.

2013

Jacques Villeglé inaugure les nouveaux locaux de la galerie Alan Koppel à Chicago.

Bernard Blistène l’invite à montrer ses graphismes socio-politiques dans le Nouveau Festival du Centre Pompidou, Mathieu Copeland dans Une exposition sans texte à la Maison d’art Bernard Anthonioz et Marion Daniel dans Poétiques d’Objets au LAAC de Dunkerque.

Le 7 février, au Centre Pompidou, dans le cadre du cycle Link, qui invite des artistes de générations différentes à confronter leurs processus de création autour des notions de filiation et d’héritage, Villeglé échange avec les artistes Lek et Sowat. Le débat, organisé avec Cristina Agostinelli, est mené par Sophie Duplaix. Cette rencontre sera profitable aux trois artistes, lançant les plus jeunes vers de nouvelles expériences et offrant au doyen plusieurs aventures avec les artistes urbains, notamment la participation à Tracés directs, première œuvre de street art à entrer dans les collections du Centre.

Avec la complicité d’Odile Felgine, Villeglé publie Petit vocabulaire aux éditions Les Sept Collines, Saint-Julien-Molin-Molette.

2014

Pour le 150ème anniversaire de Gabriele d’Annunzio, une sculpture monumentale, STAR, est inaugurée au Vittoriale degli Italiani face au Lac de Garde.

Jacques Villeglé réalise un pochoir pour l’entrée du Couvent des Bernardins à Paris, dans le cadre de l’exposition Des mondes et des hommes, il expose autour du Cyclop de Jean Tinguely, et au Louvre-Lens dans l’exposition Les Désastres de la guerre. 1800-2014, sous la direction de Laurence Bertrand-Dorléac.

Le Musée Tinguely de Bâle et la Shrin Kunsthalle de Francfort organisent une importante exposition des Affichistes Poesie der Grossstadt, die Affichisten.

Villeglé crée un collier et des bagues édités par le bijoutier espagnol Chus Bures.

2016

Pour ses 90 ans, Villeglé réalise une installation dans la plus grande salle du musée d’art contemporain de Saint-Étienne. Le commissariat est assuré par Martine Dancer et Carine Roma-Clément. Stéphane Zagdanski écrit Jeux de l’Être pour le catalogue.

Illustration à trouver

Plusieurs événements saluent cet anniversaire : chez Modernism, San Francisco, à la galerie Der Spiegel, Cologne et à la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Paris. Cette dernière présente une double exposition, Opération quimpéroise au 36 rue de Seine et Pénélope pour inaugurer sa nouvelle galerie au 33 rue de Seine. À cette occasion elle publie un catalogue dans lequel 40 artistes, conservateurs, collectionneurs, critiques lui rendent hommage.

2017-2018

Du 11 mai au 31 juillet 2017, la galerie Sonia Zannettacci présente Juxtapositions, des collages sur carton de stickers collectés dans la rue.

Du 30 juin au 15 juillet, la galerie Sator présente une exposition de graphismes sur le thème des « Carrés magiques ».

En septembre sculpture Y€$ (8 x 4 m), en dépôt au musée des beaux-arts de Rennes, est installée dans le parc Oberthur.

Pour les 92 ans de Jacques Villeglé, Catherine Elkar, directrice du Fonds régional d’art contemporain de Bretagne, organise la projection en avant-première de La Griffe de Villeglé réalisé par Thierry Goron et produit par Matsylie productions.

Les éditions Bernard Chauveau publient un livre de Jacques Villeglé sur ses amis du Nouveau Réalisme (illustré par les photos de Shunk-Kender).

Villeglé réalise en lettres socio-politiques la devise républicaine apposée sur la mairie de Saint-Gratien. L’inauguration a lieu le 15 septembre.

2019

Les éditions Gallimard publient Villeglé, l’anarchiviste d’Alain Borer. Gildas Le Reste édite de courts textes de Villeglé évoquant des lieux parisiens qui lui sont familiers.

Modernism lui consacre son stand à la foire « The Art Show » de New York. C’est une œuvre de Villeglé qui est choisie par l’Art Dealers Association of America pour le carton d’invitation. La Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois présentent ses affiches des années 1989-1991 de la série « 36.15 » et la galerie Sonia Zannettacci une rétrospective consacrée à l’écriture chez Villeglé depuis Hepérile éclaté.

L’œuvre de Villeglé appartenant au MoMA est présentée dans l’accrochage inaugural (salle Stamp, Scavenge, Crush).

Il est promu commandeur des Arts et des Lettres.

2020-2021

Jacques Villeglé créée un fonds de dotation ayant pour mission la préservation de son œuvre et de ses archives. Il y rattache un comité chargé de veiller à son bon fonctionnement.

En février 2021,la Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois couvre ses murs de citations en alphabet sociopolitique réalisées au pochoir. Le restaurant La Plume, installé dans les anciens bâtiments de La Poste, rue Étienne Marcel, commande une grande fresque pour son entrée.

Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois

La Fondation Dubuffet organise l’exposition Dubuffet / Villeglé – Une affiche dans la ville (première exposition en ce lieu d’un artiste autre que Jean Dubuffet) et publie leur correspondance (1975-1985).

2022 Publication de Jacques Villeglé and the Streets of Paris, par Barnaby Conrad III, Inkshares/Modernism.

Jacques Villeglé meurt le 6 juin à Paris. Une cérémonie a lieu à Saint-Nicolas-des-Champs. Il est enterré au cimetière Jeanne Jugan à Saint-Malo.

Saint-Malo lui rend hommage en baptisant de son nom un mur d’expression libre et en présentant une rétrospective à la chapelle Saint-Sauveur dont le commissariat est confié à Catherine Elkar, Marianne Le Métayer et Valérie Villeglé.

L’exposition Dubuffet / Villeglé – Une affiche dans la ville est reprise, très modifiée au SOMA, Séoul. Sophie Webel et Marianne Le Métayer prennent en charge l’organisation.